Review : InFAMOUS : Second Son

Genre : Action-aventure/A grands pouvoirs, grand barnum !/Bonnet M
Supports : Playstation 4

Éditeur : Sony
Développeur : Sucker Punch
Test effectué sur une version : commerciale
 
Date de sortie : 21 mars 2014
PEGI : 16
Prix : 60 € pour la version simple et environ 90 € pour l’Édition Spéciale

Temps de lecture estimé : tu veux une boule de feu dans les fesses !?

Avant -propos

Hello les amigas et les amigos, et voici revenir les tests de jeux après deux détours du côté de la musique, du cinéma et de ceux qui aiment en parler.

Néanmoins il va dorénavant y avoir quelques petits changements, à commencer par le premier et qui je crois fera plaisir à tout le monde : les reviews seront à l’avenir beaucoup plus courtes (oui, « yay !! ») et ne se concentreront plus forcément sur l’actu ni sur les blockbusters, parce que coller à l’actu c’est bien, mais tout seul ce n’est pas évident, d’autant plus que ça commence à me gonfler un peu de ne pas accorder à certains titres le temps qu’ils méritent vraiment. Et pour ce qui est des blockbusters, ben j’adore toujours autant ça, mais il y a des médias qui offrent une bien meilleure visibilité que Games-In-The-City tout en tenant des délais bien plus raisonnables pour le joueur qui aimerait être mis au jus fissa par-rapport au fait de savoir s’il doit ou non éventrer son porte-monnaie, donc je continuerai à leur accorder une bonne place sur le site, mais il va aussi être nettement plus questions de jeux se trouvant un peu moins sous le feu des projecteurs.

Bon donc, tout ceci étant dit je te lâche maintenant la grappe, et je te souhaite une bonne lecture.

 

Good guy/Bad Guy

 

Je ne sais pas si tu es comme moi, ami lecteur de sexe incertain, mais personnellement je trouve qu’incarner un super-héros, dans un jeu vidéo, y’a rien de plus moumoute ! Et après tout c’est normal, car s’il y a bien une chose que le JV rend possible, c’est de s’y croire, alors s’y croire avec des super-pouvoirs et mettre le dawa en mode open-world…cool beans !
Et bizarrement, ce ne sont pas les adaptations vidéoludiques de ténors des soirées bal-masqué qui se révèlent être les plus intéressantes (je ne compte pas la série des Batman : Arkham dans le lot, paske en super-pouvoirs Batman il a nibe !)

Pourquoi ? Parce qu’à l’instar de GTA, le fait de ne pas avoir à suivre d’orientation morale pré-définie est ce qui conditionne vraiment le fun-effect de cette sorte de game, or Spidey et consorts sont par nature obligés de faire le bien, et pour le coup se révèlent bien moins funs à jouer qu’un James Heller (Prototype 2) ou, dans le cas qui nous intéresse, qu’un Delsin Rowe (et paye ta palme du blaze le plus incongru de l’année au passage).

Et dans le cas de InFAMOUS : Second Son, c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Bonne parce qu’on a, comme auparavant, une assez large marge de manœuvre qui n’est pas bridée par un alignement good guy/bad guy prédéfini.

Mauvaise bikoze hélas la voie choisie pour justifier la liberté d’action reste encore une fois d’utiliser un artifice qui tend à devenir de plus en plus inutile, voire lourdingue avec le temps : celui de choisir entre faire le bien et faire le mal, mais pas les deux dans une même partie puisque sinon tu vas avoir du mal à progresser.

Et te demander, ami lecteur, de prendre en main un personnage qui est fondamentalement un chic type et lui laisser ensuite l’option de commettre des actions qui mettent à mal la populace innocente, ça ne colle juste pas (demande à John Marston ce qu’il en pense), et – personnellement en tout cas – ça me brouille l’écoute de devoir faire un deuxième tour de piste « contraint et forcé » pour obtenir certains pouvoir uniquement accessibles selon l’alignement que l’on aura privilégié au départ de l’histoire. Bref, à part pour l’excellent Sleeping Dogs où l’utilisation de ce procédé est, par contre, inhérent à l’intrigue – et donc totalement justifié -, c’est un peu trop old-school ici.

Et c’est tout le problème de Second Son : c’est plus grand, plus fort, plus explosif que les deux épisodes précédents (trois avec Carnival of Blood, qui est plus un add-on, même si aussi stand-alone), et en plus y’a tout plein de bonnes idées, mais il n’innove en rien, et à ce titre ne se place pas au-dessus de ses grands frères.

 

The killer-app of the dead of the PS4 ?

Ah oui, le truc à savoir pour ceux qui espéraient le titre de Sucker Punch comme LA killer-app de la PS4, l’exclu qui ferait baisser la tête en signe de honte à tous les joueurs de Titanfall, c’est que ce n’est tout simplement pas le cas.

Pas que InFAMOUS : Second Son soit mauvais, bien au contraire, c’est même un régal (faut que je te rappelle l’équation magique ? Super-héros badass + super-pouvoirs badass + open-world = kaboom !).
Son héros est une nouvelle déclinaison intelligente du personnage de Peter Parker et est suffisamment sympa pour qu’on ne rechigne pas à passer quelques heures en sa compagnie, et comme il a toujours tout plein de trucs à faire pour bien faciliter le transit intestinal d’un méchant pouvoir totalitaire qui fait rien qu’à priver les z’honnêtes de leurs droits fondamentaux, il y a de quoi faire.

Et puis il y les pouvoirs de Delsin, qu’il doit piquer à d’autres porteurs, et qui ont le mérite – en plus de déclencher des effets visuels magnifiques – d’être totalement nouveaux (no more Mister Energizer !) et de varier agréablement le gameplay.
Mais, comme pour les épisodes précédents, les missions (principales et secondaires) ont tendance à devenir vite répétitives, ce qui est toujours dommage dans un environnement ouvert, et encore plus quand on propose au joueur de se la jouer soit boy-scout soit total-motherf*****, et qu’on constate au final que peut importe le camp qu’on aura choisi, ça ne changera rien dans le déroulé du jeu, à part obtenir deux fins différentes.

Et si InFAMOUS : Second Son est sans conteste très fluide et très beau, ce n’est pas pour autant la giroflée à cinq feuilles qui m’a laissé une jolie marque sur les joues quand j’ai joué à Killzone : Shadowfall ou Tomb Raider : Definitive Edition, et pour le coup j’ai parfois l’impression d’être sur la génération de consoles précédente, tellement – exemple pris au hasard – The Last of Us est bien plus impressionnant visuellement (et non, l’esthétique ce n’est pas qu’une question de résolution et de 1080p).

InFAMOUS : Second Son reste à la hauteur des volets précédents, ce qui est à la fois une bonne chose, car les développeurs de chez Sucker Punch ne manquent pas d’inspiration et de talent pour donner envie de s’éclater, et en même temps pas forcément une bonne chose car il ne provoque jamais la surprise et reste confortablement assis, le Q sur des bases plus toutes fraiches, ce qui fait qu’il m’a été difficile de faire d’une traite la quinzaine d’heures du premier run.

Pour reprendre la phrase d’un collègue que j’ai trouvée plutôt juste : « InFAMOUS : Second Son a du style mais manque de substance » donc je ne peux que le recommander, mais pô forcément comme une priorité, et certainement pô comme une killer-app.

Mais il est bien fun, et c’est ce qui compte à l’arrivée.

Ugh, j’ai dit.